Episode un brin personnel, racontant une sortie nocturne, sous la neige, à la maison.
Il est 1h30, je rentre du boulot. Quelques instants plus tôt:
-Eh Alex, avec s’te neige, tu vas quand même pas rentrer en skate jusque chez toi? à cette heure?! Monte donc, j’te "claque" chez toi s’tu veux!
-J’osais pas demander Joe, mais ça m’enlèverait une sacrée épine du pied… en voiture Albert!
Et nous voilà tout de go partis à sillonner plus ou moins prudemment la neige tombée quelques quarts d’heures plus tôt. Vers 22h, les premiers flocons tombaient délicatement sur les chaussées, sans trop se presser. Occupé pour un bout de temps à l’intérieur, je ressors deux heures plus tard et constate, sourire aux lèvres, le blanc dehors, partout. Rincé par le boulot, mais heureux devant ce tableau transformant nos horizons pourtant connus par coeur.
Arrivée à l’appart; on allume un encens "Spiritual Guide" offert lors du dernier passage à la boutique de l’indien aux ondes si calmes. Celui-ci sent sacrément bon, et je scotche toujours devant les volutes de fumées produites lors des lentes brûlures de l’encens. C’est une chose à laquelle je n’ai jamais été très habitué. Hop, on sort l’appareil.
Ouverture d’une très germaine Franziskaner, qui nous accompagne fraîchement le temps de préparer un rapide quelque chose à grignoter. Rien de sophistiqué, il est tard, l’heure des envies simples. Cela cuit gentiment, se mange bien, aussi. Une cigarette. Ecoute peu attentive du dernier album de Air, diffusé entre les vagues de fumée. On n’en pense pas grand chose, c’est en fond, ça passe.
Irrésistiblement, les yeux filent dehors, et contemplent de nouveau la chaussée immaculée. L’envie de prendre l’appareil est plus forte que la fatigue. On l’empoigne. Mais il neige encore, et pas qu’un peu Christelle!. Un tee-shirt sur le canapé fera l’affaire. On l’enfile autour du boîtier, attentivement, et nous voilà tombant pieds joints dans la neige. Première photo, première erreur, un pan du tee-shirt pend un peu devant l’objectif. Lumière chaude non réglée, on croirait presque à un genre de sépia en plein après-midi.
Puis, première prise du jardin; les rosiers se noient dans la neige, l’herbe s’y fond à merveille. C’est la symbiose. La neige recouvre tout. Pas d’exception.
Hop, on se dirige vers le canal, à quelques pas. Un coup d’oeil sous le pont. T et P sont là. On ne les voit pas sur la photo. Ils sont au centre. Rapidement, on va voir si tout va bien, si le Samu est passé pour la soupe ou le café. Ils acquiescent, affichant par la même occasion leur refus d’aller en foyer: "On est bien mieux ici avec les chiens". Besoin de rien? Pour l’instant, ça va. Ils remercient pour la rapide attention portée, et se replient sous leurs diverses couches de couvertures.
On monte les escaliers sur la droite, et petite prise de vue de l’écluse. La petite croix rouge sur la droite nous signifie l’interdiction de circuler. A cette heure, et vu le temps, peu de chances de trouver des badauds en bateau… L’eau avait gelé à pas mal d’endroits l’avant-veille; on dirait que les vagues de froid des dernières heures ont eu raison des dernières poches de résistance encore liquides.
On continue notre petit bonhomme de chemin. On croise un gentil couple, qui rentre de soirée. D’où tu viens? où tu vas? Echange bref, et frais! On s’amuse tous les trois en regardant une voiture patiner sur une pente très douce au niveau d’un feu devenu vert, puis rouge, et redevenu vert. Ils ont l’air sympa, et vont pousser la voiture, qui redémarre; grille le feu, mais redémarre!
Sur le coup, le panneau m’a amusé. Ma jolie Saint Malo est la seule enneigée.
Et puis les vélos stars. Rangés comme des petits soldats de plomb – en campagne en Russie! Parc complet, comme quoi, cher F. l’auto-régulation, par ce temps neigeux, a l’air de fonctionner!
La neige, rend tout, vraiment tout, plus beau, et belle. Cette poubelle en béton par exemple, dirait-on encore ici qu’elle est une poubelle? A moi, elle faisait penser à ces glaces en plastique publicitaires, hautes comme un bambin, que l’on trouvait d’antan dans les rues commerciales! Ca m’a pas mal amusé.
Je continue à me balader autour de l’écluse, et je croise par hasard mon voisin qui tente, tant bien que mal, de rentrer sur le même palier que le mien. Fatigué plus que gelé, je décide de stopper mes pérégrinations et de l’accompagner chez "nous".
- Ewen, une bière à la maison?
- Avec plaisir A, il faut que je te raconte ma très frustrante soirée…
Nous voici donc partis à discuter quelques temps, sans vraiment voir les demi-heures, puis heures passer. Il est en effet déjà presque 7h lorsque j’écris ce petit billet. Ewen est un voisin sympa, avec qui il est toujours agréable de boire un verre, et discuter.
Le quartier St Martin, pris par la neige, et nous par surprise, la nuit, c’est très agréable… je vous le conseille!











































































